LE RUBAN MAGIQUE

Résumé : Marie achète un ruban jaune pour nouer ses cheveux. Grâce à ce ruban aux propriétés magiques, Marie apprend une importante leçon qui pourra lui ouvrir bien des portes.

 

À Chloé

 

 

 

 

 

 

Il était une fois…

 

Marie a neuf ans.

Elle a des yeux de couleur miel et

des cheveux longs et très noirs.

Elle aime en faire une queue de cheval.

Marie va à l’école. Elle est en troisième année.

Marie aime dessiner. Elle dessine des maisons et des personnages, des oiseaux et des fleurs de toutes les couleurs.Parfois, elle aime jouer au ballon avec ses amis, Nathalie et Christophe.

***

 

Mais aujourd’hui, Marie est triste. Elle s’est fâchée avec sa maman. Elle n’a pas été obéissante et elle a été punie dans sa chambre, sans dessert.

 

En allant à l’école, Marie a remarqué un nouveau magasin. Dans la vitrine, elle peut y voir tout un matériel de couture : du tissu, des boutons, des aiguilles, des bobines de fil, des ciseaux…

 

Mais ce qui attire son attention, c’est un magnifique ruban jaune.

Elle entre dans le magasin pour en acheter.

Derrière le comptoir, il y a une gentille dame qui lui dit :

- Bonjour, mon enfant. Que puis-je faire pour toi ?

- Madame, j’ai vu ce beau ruban jaune dans la vitrine.

J’aimerais en avoir une bonne longueur pour retenir ma queue de cheval.

- Mais bien sûr ! Veux-tu que je te le noue dans les cheveux ?

- Oh ! Merci, madame ! C’est très gentil à vous.

Et Marie sort du magasin, toute souriante.

Elle marche dans la rue toute fière, la tête haute. Le ruban jaune flotte au vent.

Tout le monde regarde Marie et lui sourit. Elle leur sourit en retour. Elle n’est plus triste. 

 

Dès que Marie arrive à l’école, Christophe et Nathalie remarquent son beau ruban jaune. Ils lui font des compliments sur sa belle couleur.

Ils trouvent que ce ruban lui va très bien. Marie est contente.

Mais Marie s’aperçoit que Nathalie ne sourit pas et qu’elle est silencieuse.

- Es-tu fâchée, Nathalie ?

- Non, je ne suis pas fâchée, mais je suis triste parce que Riri, mon canari, est mort cette nuit. Il ne me chantera plus le matin quand je me réveille.

Marie comprend la peine de son amie.

Elle aussi aimait ce petit oiseau qui sifflait toute la journée. Il va lui manquer. Elle veut consoler son amie. Alors elle lui dit :

- Nathalie, tu es triste et moi aussi. J’aimerais te voir sourire et ne plus pleurer. Voudrais-tu avoir un bout de mon ruban jaune pour retenir tes cheveux ?

 

Nathalie est très touchée par le geste de son amie Marie.

- Merci, Marie ! Ça me ferait plaisir que tu me fasses ce cadeau. Je vais nouer ce ruban jaune dans mes cheveux comme toi et je vais toujours le garder.

 

Marie demande à Ernestine, leur professeur, de l’aider à couper le ruban avec une paire de ciseaux. Marie dit à Nathalie :

- Attends, je vais t’aider à faire un beau nœud autour de tes couettes.

Nathalie n’est plus triste. Elle a un doux sourire qui illumine son visage. Marie est heureuse de voir son amie toute joyeuse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Le soir, avant de se mettre au lit, Marie ôte le ruban jaune et le dépose sur sa table de nuit. Marie s’endort, contente de sa journée.

 

Le lendemain, à son réveil, elle prend le ruban jaune pour attacher sa queue de cheval.Oh ! fait-elle toute surprise. Le ruban s’est allongé ! Il est exactement de la même longueur que lorsque je l’ai acheté. C’est un drôle de ruban ! Je le coupe et il s’allonge… Comment ?

Ce matin, Marie n’a pas beaucoup de temps pour réfléchir à cette question. Elle doit se dépêcher pour arriver à l’heure à l’école.

 

Après avoir noué sa queue de cheval avec le ruban jaune, elle sort et marche sur le trottoir.

Les passants la saluent et lui font de beaux sourires. Ils admirent son magnifique ruban.

 

Marie a une fière allure. Elle a un sourire aux lèvres. Elle aime voir les gens autour d’elle de bonne humeur.​

 

Quelques jours plus tard, son ami Christophe tombe dans la cour en jouant au ballon. Il s’est blessé au coude. Ernestine, leur professeur, lui fait un pansement pour arrêter le saignement. Christophe a très mal et il a les larmes aux yeux de douleur.

Marie est triste de voir son ami souffrir. Elle lui dit :

 

- Christophe, veux-tu que je noue ton pansement avec un bout de mon ruban jaune ?

Christophe accepte. Il est si content qu’il arrête déjà de pleurer. Il n’a plus mal.

 

Christophe se sent beaucoup mieux avec le ruban jaune noué autour du bras.

Les trois amis courent pour jouer au ballon. On peut entendre leurs cris et leurs rires dans la cour et à travers toute l’école.

 

Ils ont tous les trois un ruban jaune. Le ruban de Marie retient sa queue de cheval, celui de Nathalie rassemble ses couettes et le ruban de Christophe maintient son bandage en bonne position. Les trois amis s’amusent beaucoup dans la cour de l’école.

***

 

Ce soir-là, avant de se glisser dans son lit, Marie dépose son ruban sur la table de nuit. Et puis elle s’endort.

Le lendemain, à son réveil, Marie est toute surprise de constater que le ruban, encore une fois, s’est allongé durant la nuit. Il est redevenu aussi long que lorsqu’elle l’avait acheté.

- Mais ça ne se peut pas ! Comment cela est-il possible ? Quand je l’ai placé sur la table de nuit hier soir, il était bien plus court puisque j’avais coupé un morceau pour le donner à Christophe.

Je ne comprends pas…

 

Marie est très étonnée. Elle n’a jamais rien vu de pareil. Elle va devoir demander à sa maman de lui expliquer comment ce ruban peut allonger durant la nuit.

En rentrant de l’école ce jour-là, Marie trouve sa maman en train de lire un courriel sur son ordinateur. Sa maman a les yeux tout rouges, comme si elle avait pleuré.

- Pourquoi es-tu si triste, maman ? lui demande-t-elle avec un sanglot dans la gorge.

- Ma chérie, c’est mon amie Martine qui m’annonce une mauvaise nouvelle. Elle est très malade et doit aller à l’hôpital. C’est pour cela que je suis triste.

Marie n’aime pas que sa maman ait de la peine.

Elle se demande bien comment faire pour qu’elle soit de bonne humeur de nouveau.

- Maman, aimerais-tu que je te donne une partie de mon ruban jaune pour le mettre autour du cou ? Le jaune est une couleur si gaie qu’elle fera partir ton chagrin.

 

- Merci beaucoup, mon amour. Ta générosité me touche beaucoup. Le ruban jaune ne fera pas disparaître mon chagrin, mais il m’aidera à mieux le supporter. Je te remercie de tout mon cœur !

Et avec l’aide de sa maman, Marie coupe son ruban en deux. Elle offre à sa mère une moitié et elle l’aide à en faire un collier.

La maman de Marie n’est plus triste. Elle a un grand sourire et dans ses yeux, il y a de la joie.

- Merci, Marie, avec ton ruban je suis moins malheureuse. Viens ici que je t’embrasse.

 

En rentrant se coucher ce soir-là, Marie dépose son petit ruban sur sa table de nuit. Avant de s’endormir, elle se demande si le ruban va s’allonger encore une fois durant la nuit.

 

***

 

Et en effet, à son réveil, Marie constate que le ruban s’est allongé durant la nuit ! Comme par miracle !

- Je ne comprends pas comment cela peut être possible. À chaque fois que je le coupe, ce ruban s’allonge. Je donne des morceaux de ruban à Nathalie, à Christophe et à ma maman et pourtant, à chaque fois, il se rallonge. C’est comme si je n’y avais pas touché. C’est incroyable !

Pour en avoir le cœur net, Marie décide de retourner au magasin où elle avait acheté le ruban jaune.

- Bonjour Madame. Je viens vous voir parce que le ruban que j’ai acheté chez vous est très bizarre.

- Comment ça, bizarre ? Explique-moi.

- Voilà. Toutes les fois que je coupe un bout du ruban, il repousse durant la nuit.

J’ai beau donner des morceaux de ruban à mes amis et à ma maman, ce ruban grandit et reste de la même longueur. Il ne diminue pas. Je n’ai jamais rien vu de pareil…

- Tu n’as jamais vu de ruban pareil parce que ce ruban est unique, lui répond la dame. Il n’y en a pas deux comme lui.

C’est un ruban magique.

 

- Magique, vous dites ? répond Marie, toute surprise.

- Oui, magique, lui dit la dame. Ce ruban, plus tu le coupes et plus il allonge. Alors, maintenant dis-moi, pourquoi coupes-tu ton ruban ?

- Eh bien, madame, je le coupe pour en faire des cadeaux à mes amis.

J’en ai donné un morceau à Nathalie quand elle était triste de la mort de Riri son canari. J’ai aussi donné un bout à Christophe pour son bandage quand il s’est blessé. Et ensuite, j’en ai donné une longueur à ma maman pour en faire un collier quand elle avait du chagrin.

- Voilà de bonnes raisons pour couper ton ruban. Mais dis-moi toute la vérité, pourquoi as-tu fait ces cadeaux ?

Marie réfléchit quelques instants à cette question importante. Elle avait fait ces cadeaux sans trop y penser. Mais en y réfléchissant bien, elle finit par avouer :

- Je crois que j’ai fait ces cadeaux parce que je n’aime pas voir mes amis tristes. Je préfère les voir souriants et de bonne humeur. Ça me rend joyeuse moi aussi.

Peut-être que j’ai fait ces cadeaux pour être moi aussi de bonne humeur.

- Voilà une excellente raison pour faire des cadeaux. C’est une bonne raison, mon enfant.

La dame derrière le comptoir prend la main de Marie et lui dit à voix basse :

 

- Vois-tu, à chaque fois que tu coupes ce ruban et que tu fais cadeau d’un morceau à quelqu’un, tu as rendu cette personne heureuse. Nathalie, Christophe et ta maman ont tous été heureux du cadeau que tu leur as fait.

 

Quand tu fais des cadeaux, tu donnes de la joie et toi aussi tu es heureuse. En retour, les gens voudront aussi te faire des cadeaux et de beaux sourires. Et plus tu en donnes, plus tu en recevras et plus tu seras contente. Voici le secret de ce ruban magique : plus tu donnes et plus tu reçois.

 

Si tu donnes ton beau sourire aux gens autour de toi, comme tu donnes des bouts de ton ruban jaune, les gens seront heureux et ils te souriront. 

En fait, ce n’est pas si magique que ça.

Essaie-le et tu verras…

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